Accueil arrow Mémoires de l’Ecomusée d’Alsace
Mémoires de l’Ecomusée d’Alsace
La scénographie du cochon et de la choucroute
Sous ce titre, je viens de publier dans « Cultures & Musées » -dont je remercie la rédaction- une partie du travail que mes collègues et moi, soutenus par de nombreux bénévoles, avons consenti pour que le musée tienne un propos sur la cuisine.  Cela ne coulait pas de source jusqu’il y a peu.  La cuisine était considérée comme un patrimoine mineur. Son incursion dans le musée pouvait être perçue en tant que simple animation racoleuse d’un public plus soucieux de nourritures terrestres qu’intellectuelles. L’évolution récente fut rapide et permit de reconnaître la cuisine comme espace de cohérence, réunissant des rapports fragmentés au territoire, à la tradition, à la culture domestique et sociale.
Lire la suite...
 
« Carnaval des paysans » à l’écomusée d’Alsace 1994-2006
Toute migration d’un objet vers le musée implique le détournement de sa fonction, l’ampute de sa valeur d’échange matériel –marchand ou non- et le rend émetteur de nouvelles significations. Il conserve toutefois son intégrité physique, et en cela il peut se faire le support et parfois l’alibi d’un discours distancié, objectivé. Mais que faire lorsque des pans de la culture dont le musée est sensé témoigner ne peuvent pas être médiés par des objets authentiques ? Carnaval a-t-il (avait-il) sa place au musée, et dans quelle éthique ?
Lire la suite...
 
Le paysage au musée, travaux pratiques


Figure 1: "Après l'inondation", un projet dans lequel j'ai combiné l'analyse archéologique, les codes de représentation de la maison au bas Moyen âge, et une fiction poétique et naturaliste sur les rapports entre eaux et habitats (2004)

Une vague de révoltes, conservatrice d'une part (sociétés d'amis des sites, "La France défigurée",...), contestaire d'autre part (le courant écologiste) , a mis le paysage en débat, public et passionné au cours de la décennie 1970. Il s'ensuivit une cascade de procédures de protection administrative d'une efficacité modérée, et une brillante théorisation (Alain Roger, Yves Lacoste, Bernard Lassus, Gilles Clément, pour ne citer qu'eux). Le débat public s'est affaibli à partir des années 1990; le paysage, nombre de ceux qui réfléchissaient et agissaient à son sujet, ont été temporairement  "ringardisés", passés de mode .Devant l'évidence de ce que j'ai appelé ailleurs "la perte de la substance du monde habité", le paysage retrouve en ce moment une dimension de sujet sérieux, avec des auteurs tels que Thierry Paquot, Chris Younès. L'oeuvre remarquable de l'américain John Brinckerhoff-Jackson est à présent traduite et facilement accessible. Dans ce texte, je relate les travaux pratiques d'élaboration de paysages que j'ai eu le bonheur de mener dans le cadre de l'écomusée d'Alsace.

Lire la suite...
 
Une muséographie vivante de l'agriculture (1986-2006)

L'écomusée d'Alsace d'aujourd'hui n'a plus grand chose de commun avec ce que mes collègues et moi avions construit de 1980 à 2006. Cet article, comme d'autres, a pour finalité de ne pas perdre totalement l'expérience; elle débuta par l'installation du musée sur une friche industrielle, dépourvue de tout passé agricole. Je montre comment nous avons été amenés à y construire, ex nihilo, une activité de polyculture-élevage. Elle était nécessaire à la mise en mouvement des collections ayant trait à l'agriculture; plus encore, elle permit l'expression publique des savoirs d'anciens agriculteurs et leur transmission à de jeunes amateurs et professionnels. Ce long parcours fait ressortir aussi les modifications du regard que porte la société sur son agriculture. Pour cette raison, le traitement muséographique , sur la forme et les contenus, se devait d' évoluer en permanence.

 

Lire la suite...
 
Société et fête foraine, une expérience de muséographie

En 1995 j’écrivais dans « Connaissance des arts »: « L'idée que la construction foraine procède de l'architecture est encore plus nouvelle que celle qui a suscité la prise en compte de l'architecture vernaculaire, puis de l'architecture industrielle. Le débat sur l'art forain, qui aux premiers temps de sa reconnaissance, posait le problème de sa classification entre l'art populaire et l'art décoratif s'efface en même temps que le sujet sort de sa confidentialité, interpellant non seulement les milieux de l'art mais aussi les anthropologues, les sociologues, les historiens des techniques. »
Qu’en est-il 12 ans plus tard ? Comment s’est déroulée mon expérience du patrimoine forain à l’écomusée d’Alsace ? Un point, sur cette question, en reprenant sans modifications l’article déjà cité et en le faisant suivre d’indications sur quelques problèmes méthodologiques rencontrés.

Lire la suite...
 
Un St Joseph syncrétique…

Toujours à l’affût de créations contemporaines indisciplinées, permettant de relier le patrimoine de l’Ecomusée à une pensée ordinaire d’aujourd’hui, j’avais placé à l’entrée de l’Ecomusée un étrange protecteur.

Lire la suite...
 
L’ "Homme sauvage" dans tous ses états

L’instauration à l’Ecomusée d’Alsace d’un Charivari, « Carnaval des paysans » (Bürafasnacht), à partir de 1994, m’avait fait m’interroger sur la figure de l’Homme sauvage, à la fois omniprésente et difficile à définir aux plans historique et anthropologique, tant l’information est lacunaire. Cet article n’a pas d’autre ambition que de faire un point documentaire sur la question.

Lire la suite...
 
La longue carrière de Kasperla, marionnette héroïque

Cette note raconte comment un espiègle petit héros oublié des alsaciens, la marionnette Kasperla ou Kasperlé , a fait irruption à l’Ecomusée d’Alsace.

Marionnettes de Kasperla sous vitrine au Musée Historique de Mulhouse

 

Lire la suite...
 
Montreux-Jeune(s), la fidélité aux origines

Le groupe qui allait donner naissance aux « Maisons paysannes d’Alsace », l’association qui fonda plus tard l’Ecomusée d’Alsace, était à peine arrivé à Gommersdorf dans les frimas de l’hiver 1971, que déjà il était sollicité pour intervenir en d’autres villages, sur d’autres maisons menacées. C’était comme si, au milieu de l’indifférence générale apparente à ce patrimoine, une douleur longtemps retenue par certains se libérait dans un soulagement : « ouf, enfin quelqu’un a décidé de s’occuper de ce problème ».

Lire la suite...
 
Merci à Bernard Reumaux et aux « Saisons d’Alsace » !
La revue « Saisons d’Alsace » a longtemps accompagné mon parcours et vient de me consacrer, dans son dernier numéro, un grand entretien mené par Bernard Reumaux.
Lire la suite...
 
Deux chantiers du mouvement hongrois d’architecture organique
Le Festival international de la maison, en 2003 et 2004, a donné au public français la possibilité de découvrir, à travers deux réalisations originales à l’Ecomusée d’Alsace, l’école d’architecture organique hongroise, enseignement itinérant initié par Imre Makovecz et porteur de belles idées démocratiques appuyées par l'expérience et la démonstration.
Lire la suite...
 
La clairière de Vitruve
Sous l’égide du « Festival international de la maison », 250 jeunes architectes européens répartis en cinq équipes, sur deux campagnes ont pensé et réalisé des dispositifs construits sur les thèmes « Cabane, cabanons, cabanez » (2003) et « Dieu, le diable et l’architecte »(2004) dans le cadre de l’Ecomusée d’Alsace. Loin d’être confrontation gratuite entre des formes emblématiques du passé et des gages à la création contemporaine, cette expérience constructive a associé avec succès futurs professionnels de l’architecture et public à la démarche anthropologique de ce musée.
Lire la suite...
 
La poterie de Soufflenheim à l'Ecomusée d'Alsace
« enfant, je me cachais derrière les tas de bois et observais les visages des potiers illuminés par les flammes du foyer et comme suspendus dans la nuit noire. Je pensais au diable, à l’enfer, au surnom de « Hellageister » -les esprits de l’enfer- que nous donnaient les villages voisins , à nous autres potiers de Soufflenheim. Je veillais de toutes mes forces mais finissais par sombrer dans le sommeil sans avoir pu percer le mystère de cette réunion...
Lire la suite...
 
Les cousines de Gommersdorf(1682) et Hagenbach(1683) à l’Ecomusée d’Alsace
Deux maisons parentes, sauvées de la destruction par démontage, puis reconstruction à l'Ecomusée d'Alsace, posent la question des normes et conventions qui régissaient l'architecture vernaculaire.
Lire la suite...
 
Une ferme alsacienne au Japon
Une ferme alsacienne, reconstruite en coopération avec l'Ecomusée d'Alsace, a été le premier exemple d'architecture vernaculaire européenne dans un musée mondial de l'habitat paysan au Japon. Retour sur cette expérience d'ethnographie comparée.
Lire la suite...
 
Les « écomusées » d’Alsace et du Guilan : regards croisés sur deux inaugurations
L’ouverture du musée du patrimoine rural à Saravan dans la province du Guilan (Iran) en 2006 fait lointainement écho à celle de l’Ecomusée d’Alsace en 1984. Les regards croisés portent ici sur deux patrimoines, deux aventures, deux passions de conserver, comprendre et transmettre ce qui peut encore l’être.

Figure 1 : les maisons reconstruites dans le musée du Guilan procèdent du même rapport poétique à la nature, que celui que j’imprimai à la conception de l’Ecomusée d’Alsace (cette photographie de Hossein Khaef comme celles de l'inauguration du musée)
Lire la suite...
 
Clair de mine: le projet "foudroyé"

Le carreau Rodolphe représente 20 ans d’efforts (1986-2006) pour la conservation et la muséographie d’un site industriel exceptionnel. J’explique ailleurs que ma vision première de l’Ecomusée d’Alsace était centrée sur le patrimoine de la société paysanne. C’est le hasard de l’implantation du projet dans le bassin potassique en 1980 qui élargit le propos premier du musée et lui fit prendre en compte, alors que les mines étaient encore en pleine activité, la nécessité d’un projet muséal. Cet article est plus spécialement consacré au parcours multimédia « Clair de mine », qui a fait l'objet d'un "foudroyage": ce terme minier désigne l'action de fermer une galerie et d'en rendre l'accès impossible.

Lire la suite...
 
Le premier remontage de maison paysanne(1980): des histoires de Koetzingue
A travers la relation de la reconstruction, épique, de la première maison sur la lande désolée d’Ungersheim, j’invite à des allers et retours entre le village de Koetzingue et l’Ecomusée d’Alsace. Etudes, expérimentations, imaginaire, ont nourri autant la réhabilitation in situ que l’expérience muséale.
Lire la suite...
 
Le premier démontage d'une maison paysanne (1972), une histoire de poêle
Dès les débuts des travaux de notre groupe, nous étions conscients qu’un jour nous aurions à nous attaquer à des sauvetages d’urgence, au moyen du démontage poutre par poutre de bâtiments qui ne pourraient pas être maintenus in situ. Mais, de l'intuition et du constat au passage à l’acte, le chemin ne fut pas rationnel et organisé…
Lire la suite...
 
Clair de mine: la publication
"Clair de mine", conçu et réalisé pour rendre accessible à tous l'aventure industrielle des mines de potasse d'Alsace, a été ouvert en juin 2004 simultanément à la fin de l'exploitation minière. Une publication, de plus inédite, semble être aujourd'hui la dernière trace de cette entreprise muséographique d'envergure.
Lire la suite...
 
Les chantiers des "maisons paysannes" à Gommersdorf, matrice de l'Ecomusée d'Alsace

L’Ecomusée d’Alsace résulte d’expériences sur le terrain, principalement dans la décennie 1970-1980, au moment auquel les villages de la région la plus méridionale de l’Alsace, le Sundgau, émergent de la révolution agricole de l’après-guerre. L’un de ces villages, Gommersdorf, est la matrice dans laquelle se forme le projet d’Ecomusée, grâce à la rencontre entre les habitants du village et des jeunes épris de vieilles maisons en ruines.

Lire la suite...