(2006-2026) L’écomusée d’Alsace, vingt ans après : le film-témoignage

En septembre 2006 j’ai démissionné de mes fonctions à l’écomusée d’Alsace, au terme de six ans de résistance à la volonté de la Région Alsace – soutenue par le Département du Haut-Rhin à la faveur d’un changement d’exécutif et la Caisse des Dépôts et Consignations – d’intégrer notre musée à son projet de parc de loisirs « Bioscope », quasiment mort-né et malgré tout construit à grands frais par pure arrogance. S’ensuivit un immense gâchis culturel, social et politique dont les responsables n’eurent jamais à rendre de comptes et qui laissa l’écomusée exsangue. Les conséquences se paient aujourd’hui encore, avec intérêts.

Un état des lieux de l’écomusée sous ma direction, à la veille de mon départ, avait fait l’objet d’un beau film-témoignage de Paul Spengler et Yvan Schreck, imaginé et produit par Olivier Favre. On le trouvera facilement en ligne :

Il était une fois l’écomusée

C’était un beau cadeau.

J’étais loin de penser qu’un jour une production audio-visuelle reviendrait sur le sujet. Or, 20 ans après le premier film tourné « à chaud », un nouveau film a été produit par la Fédération des Ecomusées et Musées de Société dans le cadre d’une collection « En avant la mémoire ». Le film consacré à l’écomusée d’Alsace sous le titre « Si on a pu réaliser le musée, c’est parce que personne n’y croyait » (lien ici) restitue bien les idées qui au fil des 26 ans sous ma direction ont garanti la cohérence du musée en dépit de, ou grâce à, l’élargissement des patrimoines pris en compte. Les entretiens évoquent la position changeante de l’Etat, dont en 2006 les administrations culturelles laissèrent le champ libre à l’entreprise de démembrement du musée (passé de 110 hectares à 10 hectares, sans fête foraine ni mine de potasse ni train historique etc.) et à l’hécatombe des savoir-faire qui en assuraient l’entretien, le développement et l’animation.

Ce film n’est nullement un règlement de comptes. Bien au contraire il montre que les idées et l’expérience de l’écomusée d’Alsace ont pu être réinvestis dans de nouveaux projets. Il prouve la capacité à créer et agir de la société civile, l’incompréhension que peuvent en avoir les autorités, ce qui résonne tout particulièrement en la période présente de crise de confiance, de crise totale.

Un grand merci à Julie Corteville, Présidente de la Fédération des écomusées, qui a conduit les entretiens, et Laurence Bazin qui a réalisé un très beau montage.